L’ASSOCIATION
Créée en 1981 par Jean-Baptiste Duroselle, l’association Institut d’histoire des relations internationales contemporaines peut se réclamer d’un passé qui remonte à 1935 et à Pierre Renouvin
REVUE
Lancée en 1974 à l’initiative des professeurs Jean-Baptiste Duroselle (Paris) et Jacques Freymond (Genève), Relations internationales est l’un des seuls périodiques francophones d’histoire des relations internationales.
ACTUALITÉS
Colloques, publications récentes, conférences ou séminaires consacrés à l’histoire des relations internationales.
Nicole Piétri (1936-2026) – In Memoriam
Une grande dame de notre monde d’historiens de l’époque contemporaine nous a quittés. Nous appréciions tous ses travaux, sa participation à nos colloques, sa présence dans nos associations diverses, sa culture et sa profonde humanité.
Elue Professeur d’histoire contemporaine à l’Université de Poitiers en 1991, puis professeur à l’IEP de Strasbourg en1996, jusqu’à sa retraite en 2003, elle avait exploré depuis le début de ses travaux, sous la direction de Jean-Baptiste Duroselle, l’Autriche et les pays de l’ancien Empire, qu’elle connaissait admirablement et dont elle comprenait les liens historiques et culturels profonds, malgré les aléas de l’Histoire. Elle mettait souvent en garde ses interlocuteurs contre les simplifications abusives des récits nationaux en rivalité dans cette région du monde, depuis le XIXe siècle.
Un premier livre en résulta : La Société des Nations et la reconstruction financière de l’Autriche, 1921-1926 (Centre européen de la Dotation Carnegie pour la paix internationale, 1970). Ouvrage qui déboucha sur la thèse soutenue en 1981 : La reconstruction économique et financière de l’Autriche par la société des Nations, 1921-1926. C’est l’histoire d’une étape décisive dans la vie si difficile de l’Europe danubienne après 1919, et la marque du fait que beaucoup de responsables européens, dès l’époque, avaient bien compris que les traités de 1919-1920 étaient loin d’être parfaits.
Outre l’importance intrinsèque du sujet, ces travaux se situaient dans la série des recherches sur les aspects économiques et financiers des relations internationales, impulsées par Pierre Renouvin et Jean-Baptiste Duroselle, série qui marqua une étape importante dans le développement de l’histoire des relations internationales, qui justement n’était plus seulement de l’histoire diplomatique. C’était des études austères mais indispensables pour une explication des événements en profondeur et qui résistant au passage des modes…
Cependant elle n’abandonna jamais l’Autriche. Voir par exemple sa contribution à L’Europe des nationalismes aux nations : Autriche Hongrie Russie Allemagne, avec Bernard Michel et Marie-Pierre Rey (SEDES 1996).
Un autre thème d’intérêt de Nicole Piétri concerna l’Allemagne. On notera en particulier : Évolution économique de l’Allemagne du milieu du XIXe siècle à 1914 (SEDES, 1982) ; L’Allemagne de l’Ouest : 1945-1969. Naissance et développement d’une démocratie (SEDES, 1987) et Villes et sociétés urbaines dans les pays germaniques, 1815-1914, avec Cyril Buffet et Bernard Michel (SEDES, 1992).
Et elle consacra également de nombreux travaux à l’Europe, en participant à maints ouvrages et colloques sur la construction européenne, en particulier à l’Est du Continent, ainsi que par ses directions de thèses. On se souvient ici par exemple du grand colloque sur Jean Monnet, en 1997, qui marqua l’époque, auquel elle participa : Jean Monnet, l’Europe et les chemins de la paix : actes du colloque de Paris du 29 au 31 mai 1997, sous la direction de Gérard Bossuat et de Andreas Wilkens (Publications de la Sorbonne, 1999).
Nicole Piétri attachait la plus grande importance aux aspects pédagogiques de notre profession, comme en témoigne par exemple la Chronologie commentée de la Seconde Guerre mondiale, qu’elle publia en 2010 chez Perrin avec André Kaspi et Ralph Schor.
Cette Collègue parfaite, cette historienne profonde, ce professeur totalement dévoué à ses étudiants, n’eut peut-être pas tous les succès de carrière qu’elle aurait pu espérer, malgré sa modestie. J’ai été le témoin forcé d’épisodes pénibles. Comme si l’Université française se bloquait parfois vers 1890…
Mais maintenant, ce qui compte, c’est l’œuvre, qui restera, et le souvenir ému de ses amis et collègues.
Georges-Henri Soutou
| Jean-Baptiste Duroselle |
II y a toujours eu des empires. Tous ces empires ont fini par mourir. Même l’Empire romain. Même les empires coloniaux. Même l’Union des républiques socialistes soviétiques. L’idéologie et ses applications sociales concrètes n’ont pas réussi à briser les grandes régularités humaines.
Prix Jean-Baptiste Duroselle
Chaque année, depuis 1996, l’Institut d’histoire des relations internationales contemporaines, actuellement présidé par Antoine Marès, récompense les meilleures recherches en histoire des relations internationales en offrant deux prix Jean-Baptiste Duroselle : l’un à l’auteur de la meilleure thèse, l’autre à l’auteur du meilleur mémoire de master. Depuis 2018, la direction des Archives diplomatiques du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères s’associe à l’IHRIC pour la remise des prix.
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