Écrire l’histoire demain à l’heure des archives natives numériques

À l’initiative de l’UMR 8138 SIRICE et de l’IHRIC, en partenariat avec l’École nationale des Chartes-PSL

vendredi 18 décembre 2026 – 14 heures

salle Léopold-Delisle, École nationale des chartes-PSL (65, rue de Richelieu, 75002 Paris)

L’un des matériaux majeurs de l’historien, le document produit sur un support de papier, est en train de disparaître silencieusement. Il cède la place à l’archive numérique.

Si la collecte des archives papier et la collecte numérique, entamée dans la décennie 1990, ont cohabité jusqu’à 2020-2021, le grand basculement semble avoir été accéléré par la crise sanitaire. La production de papier s’est depuis considérablement réduite. En 2015, les Archives nationales, le ministère de la Défense et celui des Affaires étrangères et européennes, ont lancé le programme d’archivage numérique Vitam dont la présidence de la République et le ministère de l’Économie et des Finances sont désormais membres du club utilisateur.

Les archivistes des cinq grandes administrations régaliennes (Présidence de la République, Services du Premier ministre, ministères de l’Europe et des Affaires étrangères, des Armées et de l’Économie et des finances), très engagées dans l’action européenne et internationale de la France, ont accepté de venir échanger avec les historiens sur les collectes en cours, lourdes de conséquences pour les chercheurs des années 2010 et au-delà.

Le séminaire se tiendra sur inscription : le vendredi 18 décembre 2026, à 14 heures, salle Léopold-Delisle, École nationale des chartes-PSL, 65, rue de Richelieu, 75002 Paris. Une participation par visio-conférence sera aussi proposée.

Le programme et le lien d’inscription seront diffusés ultérieurement.

SÉMINAIRE TRANSVERSAL SIRICE

ÉCRIRE, NÉGOCIER, TRADUIRE L’INTERNATIONAL

Le laboratoire SIRICE (sirice.eu) est le lieu de recherches très diversifiées sur l’Europe et les régions du monde avec lesquelles elle est en relation. Ces recherches sont sous-tendues par les perspectives transnationales, culturelles ou encore mondiales, qui se sont développées depuis une quarantaine d’années. Dans ce cadre, il nous est apparu que l’histoire des idées et l’histoire des concepts étaient des domaines de recherche encore peu explorés par les historiens internationalistes contemporanéistes français alors qu’elles font l’objet de longue date de réflexions théoriques et de travaux très poussés dans d’autres domaines de recherche et dans d’autres États. Quelques publications ont pourtant associé récemment perspectives conceptuelles et perspectives internationales.

En croisant initialement les travaux de l’historien italien Federico Chabod et ceux de l’historien allemand Reinhart Koselleck, le séminaire entend proposer la discussion tant des concepts, des expressions et des images au coeur du discours des acteurs des relations internationales que des concepts analytiques des historiens. Il souhaite encourager une réflexion sur la circulation et les nouveaux usages de concepts occidentaux anciens (cf. les débats actuels autour de l’ « Europe puissance » ou de la « souveraineté européenne »), sur le moment de leur entrée dans le lexique international, étudier aussi des concepts plus récents (« question », « intervention », « occupation », « solidarité », « réconciliation », « intégration », « dialogue », « global » etc.) et le recours à certaines métaphores (« homme malade », « bloc » etc.). Il voudrait aussi mettre en lumière les concepts et expressions vernaculaires issus d’autres régions du monde que du seul monde occidental, qui disent les « relations internationales », examiner leurs usages régionaux et, par le jeu des traductions et interprétations, les passages d’un espace à un autre, les évolutions sémantiques et les traductions impossibles. Ces concepts, expressions, métaphores seront empruntés à toutes les grandes catégories de l’action internationale (politique, mais aussi économique, religieuse, juridique, technologique, culturelle etc.). La porosité entre le domaine du dire et de l’agir diplomatique, celle existant entre le discours de l’acteur et celui de l’historien, seront débattues. Ce séminaire sera ainsi le lieu d’un espace critique consacré aux concepts analytiques des historiens, devenus de véritables maîtres-mots comme ceux de « souveraineté »,  « puissance », « réseau » ou « circulation », pour n’en citer que quelques-uns.

Enfin, il entend favoriser l’essor de travaux sur la traduction à l’époque contemporaine comme sur le développement de l’interprétariat de conférence à l’échelle régionale et mondiale, questionner les technologies et la matérialité de la traduction et de l’interprétation, interroger aussi de manière spécifique les pratiques multilingues de l’Union européenne et leurs conséquences pratiques. Une attention particulière sera apportée à la structuration de ces métiers, qui apparaissent comme l’une des premières voies d’entrée des femmes dans les carrières internationales que ce soit dans les domaines régaliens de la diplomatie, de la défense et du renseignement, que dans les organisations non-gouvernementales.

  • Public visé

Premier séminaire transversal de l’UMR SIRICE, le séminaire est ouvert à l’ensemble de ses membres, en particulier aux doctorants, dans une perspective proprement « transaxiale ». Il accueillera toutes leurs propositions pour les séances ultérieures. Il accueillera encore tous les chercheurs appartenant à d’autres laboratoires, intéressés par la démarche, et il associera des praticiens.

  • Fréquence

4 séances annuelles, 17h30-19h30, le mercredi ou le jeudi, au Campus Condorcet (Aubervilliers) et à l’INALCO. Le séminaire est retransmis par visio-conférence.

  • Programme des séances 2026 (2ème année)

Jeudi 26 février 2026 – Figures et lieux de l’interprétation internationale.

– Le premier interprète officiel du Quai d’Orsay. Constantin Andronikof (1940-1974) / par Aliénor Pernias, masterante, Paris 1 Panthéon-Sorbonne

– Entre France et Việt Nam. Le Centre de formation d’interprètes et de traducteurs (1995-2014) / par Cathy Monarque, doctorante, Montpellier III

Mercredi 25 mars 2026 – Genèse et pratiques de l’interprétariat de conférences

– Le service de traduction de la Société des Nations face au multilinguisme (1919-1945) / par Marie Béguin, doctorante, Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

– Entretien avec Jesús Baigorri Jalón, professeur à l’Université de Salamanque, ancien interprète à l’ONU, auteur du livre De Paris à Nuremberg. Naissance de l’interprétation de conférence (2004).

Vendredi 10 avril 2026, en partenariat avec l’Inalco, Maison de la Recherche, 2, rue de Lille (7e), 14h-18h.

– La suppression du poste de secrétaire-interprète du Quai d’Orsay : enjeux pédagogiques et institutionnels / par Gong Zhang, docteur en histoire, EHESS.

– La création du concours d’Orient et ses enjeux (1947-1953) / par Isabelle Dasque, maîtresse de conférences, Sorbonne Université.

– Le concours d’Orient. Une voie d’entrée des femmes en diplomatie ? / par Laurence Badel, professeure, Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

– L’Inalco, l’Institut du monde arabe et la mise en oeuvre d’une diplomatie culturelle en direction du monde arabe depuis 1974 / par Alain Messaoudi, maître de conférences, Nantes Université, et Melissa Tedafi, Université de Nantes.

– Le persan au concours d’Orient et ses usages (1947-1980) / par Leila Koochakzadeh, chargée de cours en histoire de l’Iran contemporain et géographie de l’Iran, Inalco.

Site : 

https://www.sirice.eu/agenda/ecrire-negocier-traduire-l-international-xviiie-xxie-s-seminaire-transversal-sirice