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PENSER, FORMER ET
ENSEIGNER
L’INTERNATIONAL
(FIN DU XIXᵉ SIÈCLE–XXIᵉ SIÈCLE)
APPROCHES INTELLECTUELLES,
INSTITUTIONNELLES ET PRATIQUES
GENÈVE, 27-29 MAI 2027

La fin de la Première Guerre mondiale marque l’institutionnalisation d’une nouvelle discipline, les Relations internationales, née d’échanges intellectuels transatlantiques, au croisement de l’histoire diplomatique, du droit des gens, des études stratégiques, et de l’économie politique. Au même moment, l’histoire diplomatique du XIXe siècle entame sa mue à l’initiative d’une nouvelle génération d’historiens et historiennes qui imposent une approche multifactorielle, et non plus étroitement politique. Si la première assume son identité d’outil d’aide à la décision (policy-oriented), la seconde, bien que régie par les règles de l’école méthodique, n’échappe pas au débat politique et juridique sur les responsabilités du déclenchement de la guerre.
La genèse et les transformations de ces deux disciplines académiques ont fait l’objet d’un intérêt renouvelé depuis le début du XXIe siècle, dans le sillage du nouvel essor de l’histoire internationale et de l’histoire des idées, ainsi que des regards post-coloniaux et post-guerre froide.
En revanche, l’attention portée spécifiquement à l’enseignement des Relations internationales, aux textes théoriques qui le sous-tendent et à la part croissante que cette discipline a prise dans la formation des chercheurs et chercheuses, mais aussi des experts et expertes et des diplomates et, plus généralement, des praticiens des relations internationales, est restée plus limitée. C’est précisément à cette histoire de la formation aux Relations internationales, à son cadre institutionnel, à ses concepteurs et à ses maîtres d’œuvre, ainsi qu’à ses pratiques pédagogiques concrètes, que ce colloque international entend se consacrer. Notre postulat est le suivant : au fur et à mesure des reconfigurations de la scène internationale, de l’apparition de nouveaux acteurs étatiques, intergouvernementaux et non-gouvernementaux, et de l’élargissement des questions débattues, la pratique des relations internationales s’affine et la question de son enseignement doit, elle aussi, être constamment repensée. Cela vaut tout particulièrement pour la formation des experts issus de la sphère privée comme des fonctionnaires et des diplomates appelés à évoluer dans un monde de plus en plus transnational.
Dans ce contexte, un certain nombre de domaines demeurent encore insuffisamment explorés : les cadres théoriques et méthodologiques propres à l’enseignement des Relations internationales ; les textes, qui se sont imposés comme des références fondamentales ; l’émergence de grandes figures d’enseignants et enseignantes ou de praticiens et praticiennes ; la transmission d’une certaine vision du monde et de sa gouvernance – par le droit ou par la puissance – , à un moment donné et dans un contexte institutionnel précis. En tenant compte des travaux très riches qui existent dans le domaine des relations internationales, le colloque entend donc explorer la formation des étudiants, des publics et des enseignants des Relations internationales ainsi que l’évolution de l’enseignement et des priorités de la discipline. Un effort particulier sera fait pour intégrer les écrits et pratiques mis en œuvre depuis les années 1960 dans les États asiatiques et africains.
Inscrit dans le cadre du centenaire de l’IHEID, Institut des hautes études internationales et du développement de Genève (Geneva Graduate Institute), qui fut l’une des premières institutions à avoir assumé cette mission d’enseignement des Relations internationales à partir de 1927, ce colloque donne l’occasion de revenir sur la manière dont cette institution – parmi d’autres – a participé à la formation de générations d’internationalistes appelés à exercer comme chercheurs, experts, diplomates ou fonctionnaires internationaux depuis les années 1920.




